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La « liberté d’être soi », Juste Shani l’a conquise. Rappeuse, autoproductrice et directrice de son propre label, elle construit un univers à la croisée de la trap, de l’egotrip et d’une écriture précise profondément incarnée. Une voix singulière dans le paysage actuel, où la puissance n’écrase jamais la nuance : chez elle, la détermination cohabite avec le doute, dans un équilibre entre introspection et affirmation.
Révélée au grand public avec son EP Diamant Noir en 2025, elle franchit un cap décisif. Nouvelle direction artistique, image maîtrisée, présence magnétique : Juste Shani impose une aura entre charisme, esthétique et assurance.
Un sens du leadership qui s’installe très tôt, dans une maison où la musique circule librement, entre musiques africaines et variété française, et où elle développe très jeune un goût pour les mots et la scène, et apprend à s’exprimer à travers son art. À 6 ans, elle écrit déjà ses premières chansons, monte ses premiers spectacles, organise, dirige et invente.
Puis vient le frottement. Dans un collège catholique où le rap est mal vu on lui répète que le rap “ce n’est pas pour elle”, elle fait exactement l’inverse. Elle fait écouter du Kery James – jusqu’au prêtre du lycée. Et ce moment-là dit tout : cette détermination se retrouve aujourd’hui dans son rap comme dans ses influences. Très vite, elle comprend que ce qu’elle entend dans le rap – discours social, vivre-ensemble, regard sur les inégalités – fait écho aux valeurs qu’on lui enseigne ailleurs. Cette évidence renforce son attachement à cette musique : elle grandit avec Youssoupha, Keny Arkana, Sexion d’Assaut ou Orelsan, tout en se nourrissant de la culture hip-hop américaine — de Missy Elliott, Beyoncé, Ciara aux films comme Street Dancers ou Step Up — avant d’affiner son rapport au son avec Damso et Shay.
Destinée au marketing, elle bifurque en 2018 vers la musique, son premier réflexe. Elle enchaîne les open mics parisiens où elle se forme. Peu à peu, sans plan prémédité, Juste Shani prend sa place en véritable girlboss. Une trajectoire guidée par le travail et une vision claire : exister par sa musique seule, en dehors de toute lecture réductrice et assignation pour ne pas avoir besoin de prouver ni justifier sa légitimité dans un espace qui continue parfois à enfermer les artistes dans des cases.
Dans cette logique d’affirmation, elle structure alors son projet et impose progressivement sa vision. Les sorties s’enchaînent : singles, EP Nuits Blanches, puis Diamant Noir, qui marque un basculement.
Toujours indépendante, elle fait le choix de s’entourer de partenaires comme le label Belem, avec lequel elle développe aujourd’hui son projet. C’est dans cette phase qu’elle affine aussi son identité musicale. Juste Shani s’inscrit dans une base trap qu’elle étire et hybride. Pop, électro, mélo : les influences circulent librement. Dans son énergie, on retrouve une liberté proche de Doechii, qu’elle admire pour son audace et son charisme. Dans sa manière de poser, une « force tranquille » qui rappelle Isha. Elle cite aussi Josman ou La Fève.
Le tout porté par un ton frontal, ancré dans l’egotrip. Son écriture cinglante et directe oscille entre émotion et lucidité avec une énergie d’empouvoirement assumée. Elle parle d’elle sans détour, et c’est précisément ce qui touche. Derrière ses morceaux, une ligne claire se dessine : refuser les assignations, casser les murs, affirmer que chacun a le droit d’exister tel qu’il est, sans validation. Cette attitude trouve un écho immédiat dans son public. Sur scène, la réponse est déjà là : son concert à la Gaîté Lyrique le 25 novembre 2026 affiche complet. Une Cigale est déjà annoncée pour avril 2027.